morreth: (Default)
morreth ([personal profile] morreth) wrote2004-04-01 12:04 am

Я опять плакалъ весь...

В Америке картина соберет 350 млн долларов. Фильм был показан в десяти европейских странах, а также в Латинской Америке и многих странах арабского мира. Лента произвела фурор в Дамаске и Ливане...

Что же обеспечило фильму такой успех, по крайней мере, в США, в странах латинской традиции и арабском мире? "Возможность спроецировать страдания на себя", – утверждает распространитель фильма во Франции. Тарак бен Аммар. Более точной формулы трудно себе представить: "Страсти" позволяют проникнуться идеологией мученичества, для которой критерием истины является количество крови, пролитой за "правое дело".
И в этом – самая большая опасность картины Мела Гибсона.
В своем официальном заявлении по поводу выхода "Страстей" на экраны Конференция епископов Франции напоминает:
"В этом фильме мы видим не столько лик Христа, сколько наши современные навязчивые идеи – тоска по злу, восхищение насилием, поиск виновных".
Гибсон хочет придать мученичеству абсолютную ценность – не только эстетическую, но также эмоциональную и политическую. Что может оправдать все виды насилия.

http://www.inopressa.ru/liberation/2004/03/31/12:48:22/croisade
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Ну чисто Лапочка, как есть :)

Курт, прости тормоза - 3

[identity profile] shoshana-flor.livejournal.com 2004-04-26 04:19 pm (UTC)(link)

"Ma vie, nul ne la prend mais c’est moi qui la donne", dit au contraire Jésus. "Nul n’a pris la vie" du Christ, encore moins une espèce de règle abstraite de compensation. C’est au contraire l’amour de Dieu et sa miséricorde qui ont représenté devant nous, pour nous convertir le cœur, la logique tueuse du péché. Logique à l’œuvre dans l’histoire de ce monde et entre nous, logique qui s’en prend même à l’Homme juste, à l’Homme bon, à l’Innocent. Alors, rejoint jusqu’à l’intime par la logique du péché de ce monde − c’est l’agonie −, le Christ Jésus va pourtant vivre et même exposer en sa mort l’extrême de son amour : sa totale liberté d’aimer va dominer la nécessité mécanique du péché.

Il n’y a plus rien ici d’aliénant, rien de calculé, rien d’abstrait : cet homme-là qui est Dieu, et lui seul, a pu nous aimer au-delà de nos péchés à l’heure incomparable, unique, inespérée de la Passion. En ce sens, il a "satisfait" suggère le Concile de Trente après saint Anselme : autre mot pour faire valoir comme M. Gibson la mystérieuse prophétie du Serviteur souffrant (Is 53).

Il ne faut pas dire que notre cinéaste soit étranger à ce mystère de la miséricorde divine. Mais la nécessité du sang réparateur est ici en grand péril de masquer la décision filiale de l’amour. Les raisons de la miséricorde ont eu chez lui moins de place pour s’expliquer que les déraisons, et même les démences du péché. Encore une fois, des Chrétiens très assurés de leur foi pourraient eux les suppléer. Mais les autres…


6. La croix que l’Eglise célèbre est celle que Jésus a demandé aux disciples de prendre sur leurs épaules pour le suivre et l’imiter. Or, le film de Gibson montre la croix inimitable, repoussante, absurde. Il semble pourtant qu’on puisse croire, avec l’Evangile de Jean, que la Mère de Dieu et "le disciple bien aimé" devant Jésus crucifié aient su dépasser dans un acte de foi abyssale l’extrême de la douleur, et qu’ils aient reçu alors d’y contempler quelque chose de l’extrême de l’amour. C’était cet amour seul qu’il faudrait imiter. Avant nous et pour toute l’Eglise, l’une et l’autre commençaient peut-être à éprouver ce que les témoins du jour de Pâques allaient communiquer à tous les Chrétiens, le mystère résumé en ce cri qu’on voudrait lancer à l’adresse de Mel Gibson : "Cette croix, nous l’avons trouvée belle !". François d’Assise, Jean de la Croix, Maximilien Kolbe n’ont pas embrassé une autre croix que celle de l’amour extrême, la croix glorieuse, la croix de vie.

A voir ce film, on se demanderait presque si les seuls disciples authentiques du Jésus de M. Gibson ne seraient pas ces candidats exotiques à l’imitation du Crucifié que la télévision nous montre chaque Vendredi Saint, entrant dans une mimétique exacte des tourments du Christ (coups, plaies, clous), mais si extérieure aux profondeurs de l’amour, et au juste si déplacée. Un indice d’équilibre nous est ici procuré par la liturgie de l’Eglise : on n’y pratique la lecture publique de la Passion qu’au Dimanche des Rameaux et au Vendredi Saint. Mais en revanche, à chaque eucharistie, la croix du Seigneur se lie à sa gloire dans la puissance du Dieu qui est amour.

Конец все-таки не влез...